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5 décembre 2015 6 05 /12 /décembre /2015 07:00
LA FOURMI BLEUE : UNE NOUVELLE POUR SE DETENDRE... OU/ET REFLECHIR...

Un jour j'ai vu le ciel : Bleu !!!
D'un bleu intense, comme jamais je ne l'avais vu.
Je l'ai photographié, puis j'ai mis cette capture dans la poche de ma chemise, côté cœur. D'ailleurs mon cœur bien curieusement s'était mis à brûler à partir de ce moment-là. Pour moi si souvent pauvre en amour, c'était comme un feu et un baume qui me transportaient... Ce qui aussi me faisait penser à l'amoureux ronron des chats.

C'était arrivé plutôt tip-top, après une période assez noire, où le ciel avait bien toujours été là mais où ma vue était trop attachée à mes affaires.
Ç'avait été fort comme si le contenu du ciel même était mis à ma portée. Et ce fut comme s'il fallait, outre la carte SDhc1 sur laquelle je l'avais enregistré, que je le peigne !

J'achetai quatre gros tubes de bleus soutenus les plus proches, et un petit tube de blanc. Une toile, une brosse... et je mélangeais sur la palette... Mais sans parvenir à satisfaction. J'étais vraiment déçu ; mais je réfléchissais... quand tout à coup je crois savoir ! J'avais entendu ça d'un ami imprimeur. Je cours acheter un petit tube de noir, je mélange, et voilà ! Il manquait pour faire ce bleu-là une pointe de noir.

Quand je commence, impatient, à montrer mes premières toiles, je m'attends à un enthousiasme qui rejoigne le mien ! Mais les réactions furent bien mitigées. Sauf chez ma belle-mère qui, à partir de ce moment-là entra dans une meilleure relation avec moi !...

Je voulais exposer bien sûr ; mais avec si peu de couleurs... J'avais ajouté quelques nuages blancs pour que le bleu paraisse davantage, mais quoi d'autres !? Trop de diversités ne prendrait-il pas le pas sur l'essentiel ?

Je pensais à des lacs de montagne : Ils savent si bien refléter les bleus du ciel. Et puis la mer ! Mais c'était plus difficile : il fallait faire des vagues ; de l'écume que je travaillais des jours ; tout un relief subtil... Je plantais des cocotiers sur du sable, et encore en fond une montagne, plate comme on peut voir près de l'océan juste derrière Cape town...

Cela faisait peut-être de beaux tableaux, mais finalement changeait subrepticement mon impression première.
Cependant alors, on me regardait !

Suivant encore un conseil d'ami, j'introduisis d'autres choses, jouant à laisser toujours paraître ici ou là un coin de mon bleu, en reflet sur une vitre ou sur une carrosserie de voiture noire... J'exposais donc.
Mais surtout, sans m'en être rendu compte : JE m'exposais ! ce que j'avais développé comme talent se substituant à ce qui l'avait déclenché. J'avais toujours sur le cœur l'image enregistrée, mais ceux qui me louaient ne voyaient pas ce fil rouge - bleu ! - qui pour moi était, de moins en moins cependant, l'essentiel des salons et expositions.

On tomberait dans la dépression à moins ! Malgré un succès qui satisfaisait mon ego, je devins, au fond, morose, désabusé. Surtout ce jour où je m'éloignais de mon atelier, lourd comme le ciel aux nuages foncés qui semblaient me suivre, et entrai dans un bois aux verts tendres naissants. Je m'assis sur une pierre... ou une souche, ou un tronc abattu ? Bref, je regardais sans voir, pensant au penseur de Rodin, noir comme lui. En fait je n'pensais à rien. Même pas à ce vide ressenti comme si j'avais perdu quelq...!? Je mis vivement la main sur mon cœur : elle était bien toujours là ! Quel soulagement !
Mais le chat ne ronronnait plus près du feu pendant que la bouilloire chantait. Le bleu avait glissé sous un voile laiteux, puis s'était fait nuage et gris. Alors mon cœur s'humecta de larmes jusqu'aux yeux... Au travers desquelles j'aperçus qu'à mes pieds vibrait de mille mouvements une grosse fourmilière.

C'était de grosses fourmis rouges sombres, sans doute énervées par l'approche d'un orage. Ça grouille dans tous les sens sur un enchevêtrement de brindilles pas possible, et ça me rappelle cette envie irrépressible que j'avais, enfant, d'y mettre avec un bâton ou d'un coup de pied le plus grand désordre, d'y semer un chaos !...
- Mon chaos, me dis-je confus.

Je continuais à regarder, à peine curieux, jusqu'à soudain apercevoir QUOI !?... Une fourmi Bleue !!! Bleue comme mon ciel ! dont j'avais presque oublié la couleur véritable.
Mais là par cette fourmi, pas forcément la plus grosse, je reprends vie. Je lui parlerai presque : On parle bien à un hamster ! J'en eus un rire un peu nerveux : Être chamboulé à ce point par la vue d'une fourmi - certes bleue -, mais quoi, rien qu'une fourmi ! - Non, non ! Je la vois bien différente, exceptionnelle, comme le ciel qui m'a parlé...

Et autour de moi aussi le temps changeait, le bois devenait plus clair. J'observais... Comparée aux autres cette fourmi était manifestement plus sereine ; et son calme se diffusait à celles qui l'entouraient. Je ne voulais plus la quitter des yeux, ma fourmi bleue !

Je l'ai emportée chez moi. C'est là un miracle de plus : elle s'est laissée prendre, et j'ai senti une joie incroyable m'envahir. Mon cœur s'est remis à ronronner, la bouilloire à chanter, le bonheur me revenait. Ça tient à quoi d'être heureux !?…
Je pensais à ça devant une toile en chantier... quand une coccinelle vint se poser sur ma main ! - Il ne manquait plus qu'elle, me dis-je en souriant comme d'une bonne blague !

Elle était rouge bien sûr - mais elle aurait pu être jaune ! -. Non, rouge vermillon, de la couleur du sang vif, brillante, vernissée, avec trois points noirs, plutôt gros. Elle ne bougeait pas, et parfois se mettait à trottiner, curieuse, comme énorme sur de si petites pattes. Je la trouvais belle et sympathique. Pourquoi les coccinelles ont-elles quasi-universellement cette vertu de nous plaire, de nous attendrir, de nous les faire aimer !? Je me posai vraiment cette question... et je me dis que, peut-être... Une coccinelle, Bleue !!!... avec des points : blancs !?

L'histoire n'est donc pas finie... Je reste persuadé qu'un jour ou une nuit, je la trouverai - ou Elle me trouvera - la coccinelle bleue à points blancs.

© Claude T. - ALGDDV - Novembre 2015

"Création réalisée dans le cadre du Prix Bibliothèques Pour Tous, Short Edition"

Comme cette nouvelle est actuellement en concours pour le PRIX Bibliothèques Pour Tous, si elle vous plaît bien vous pouvez aussi voter pour elle > me demander l'adresse où se trouve... la fourmi bleue, quelque part sur le net !

LA FOURMI BLEUE : UNE NOUVELLE POUR SE DETENDRE... OU/ET REFLECHIR...

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Published by Cloenri
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